Au début, je n'aimais pas trop écrire, mais j'adorais lire.
Et c'est à un moment de ma vie où je n'atais pas bien que j'ai découvert mon envie d'écrire. Je faisais des "bêtises" complètement inutiles en somme. Un jour, alors que je souhaitais fuir de chez moi, je suis tomber sur un poème de Monsieur Victor Hugo, tiré des Contemplations. Il l'avait écrit en mémoire de sa fille Léopoldine, morte noyée.
Ma lecture à peine terminée, je fus saisis d'une brusque envie d'écrire, je saisis une feuille et un stylo, et j'écrivis mon tout premier poème (dédié à ma soeur).
Voici le poème qui a tout déclenché:
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin.
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère,
Elle entrait, et disait : Bonjour, mon petit père.
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froisée,
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard réflétait la clarté de son âme,
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants,
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu!
J'appelais cette vie être content de peu!
Et dire qu'elle est morte! Hélas! que Dieu m'assiste!
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.